Olivier Reboul, La Philosophie de l’éducation

PUF, « Que Sais-Je ? » 9e édition, Paris, 1989, 127 p.

« Cet ouvrage est la neuvième édition d’un texte paru pour la première fois en 1989. Son auteur, qui est professeur à l’université des sciences humaines de Strasbourg, a publié de nombreux livres consacré à des philosophes qui furent aussi des « éducateurs » (Kant, Nietzsche, Alain) et à des thèmes relatifs à des questions « éducatives » (L’éducation selon Alain, Qu’est-ce qu’apprendre ?, Les valeurs de l’éducation…). Il s’attache ici à la « philosophie de l’éducation » qui, pour lui, n’est « pas un corps de savoir, mais une mise en question de tout ce que nous savons ou croyons savoir sur l’éducation ». Cette interrogation, qui concerne les fins de l’éducation, est « totale, radicale et vitale ». » – Par Alain Kimmel. 


Les idées fortes de l’ouvrage. – SOURCE 

I/ Introduction à la philosophie de l’éducation

La philosophie de l’éducation sera avant tout une interrogation ; non pas un corps de savoirs, mais une mise en question de tout ce que nous savons ou croyons savoir sur l’éducation. Dès qu’un éducateur réfléchit sur le sens de son entreprise, dès qu’il se demande pourquoi ou mieux pour quoi il fait ce qu’il fait, il philosophe.

Inutile de préciser que les grands philosophes du passé ont abordé le problème de l’éducation et en ont fait un thème central de leur pensée.

II/ Qu’est-ce que l’éducation ?

1) Elever, enseigner, former

Enseigner désigne une éducation intentionnelle ; c’est une activité qui s’exerce dans une institution, dont les buts sont explicites, les méthodes plus ou moins codifiées, et qu’assurent des professionnels. L’éducation dans tous les domaines, depuis la naissance jusqu’au dernier jour, l’éducation c’est d’apprendre à être homme.

 

3) Les fins de l’éducation : pour la société ou pour l’enfant ?

L’éducation est l’ensemble des processus et des procédés qui permettent à tout enfant humain d’accéder progressivement à la culture étant ce qui distingue l’homme de l’animal.

III/ Les institutions éducatives

2) Peut-on éviter la finalité ?

Dans la société moderne, la fonction de l’école est double : fonction différenciatrice, de préparer les enfants à leur future tâche professionnelle ; fonction unificatrice, d’assurer l’unité de la nation en enseignant le même langage, les mêmes savoirs fondamentaux, les mêmes valeurs.

 

3) La famille

Nous définissons donc les institutions éducatives par leur fonction. Or, la première fonction consiste à préparer l’éducation en formant les habitudes, les émotions, les sentiments de l’enfant, à l' »élever » avant tout enseignement intellectuel et raisonné. Aujourd’hui, nous pensons que cette fonction est celle de la famille. La fonction essentielle de la famille est de former les sentiments, en partant des pulsions les plus animales et en les transfigurant.

 

4) L’école

Qu’est-ce qui caractérise le savoir scolaire ?

  1. C’est un savoir à long terme ;
  2. Il s’agit de savoirs organisés, qui s’enchaînent de façon logique ;
  3. Il s’agit de savoirs adaptés, mis, par la didactique, à la portée des élèves ;
  4. Ce sont des savoirs argumentés ;
  5. Il s’agit de savoirs désintéressés, sans finalité professionnelle.

A l’école, l’élève est traité comme une fin, c’est pour lui qu’il travaille, c’est sa propre autonomie qu’il apprend.

 

5) Le débat sur l’autorité en éducation

Qui a besoin d’être éduqué a besoin d’une autorité. Mais la fin de l’éducation est d’apprendre à s’en passer. Autrement dit, le but de l’éducation n’est pas d’arriver à un stade où l’éduqué n’aurait plus à apprendre, car on a toute sa vie besoin d’apprendre ; il est de permettre à chacun d’apprendre par lui-même en se passant de maître, d’aller de la contrainte à l’autocontrainte, d’être majeur.

 

6) La rigueur en éducation

Apprendre ne consiste pas à nier l’échec, mais au contraire à le voir lucidement pour en tirer parti. Apprendre, n’est-ce pas toujours surmonter ?

 

VII/ Les valeurs et l’éducation

Les valeurs n’ont jamais disparu du domaine éducatif pour la raison très simple qu’il n’y a pas d’éducation sans valeurs.

 

2) La tentation relativiste

Les valeurs de l’individu sont déterminées par le milieu, la société, la culture où il reçoit sont éducation, et que dans une autre culture ces valeurs seraient tout autres.

 

3) La tentation de l’indifférence

La tolérance sans contrepoids, la tolérance un point c’est tout, n’est qu’une indifférence, une démission de l’éducateur. Ainsi pour l’évaluation : la refuser, c’est se dérober, d’une part à sa fonction sociale, puisque la société est en droit de se fier aux diplômes qu’elle délivre, et d’autre part à sa fonction pédagogique.

On n’apprend rien si l’on ne renonce à quelque chose.

 

4) Qu’est-ce qui vaut la peine d’être enseigné ?

Vaut la peine d’être enseigné ce qui unit, et ce qui libère. Un enseignement libère dans la mesure où il est transférable.

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